Je déteste la violence. Oh oui je la déteste presque par-dessus tout. Avant que nous débutions nos rencontres avec mon Cher Monsieur je lui avais expliqué que parmi les limites que je vois
aux pratiques BDSM, il y a la violence. Non pas la douleur que peut provoquer un geste violent, mais l’image de profonde violence que l’on peut percevoir dans certains actes. Des actes dont le but
principal serait de faire ressentir une agressivité gratuite ou une agressivité porteuse de colère, pire encore, porteuse d’une image de haine.
Je sais ou j’imagine, car je ne suis pas toujours en mesure de tout percevoir, que mon Cher Monsieur m’a déjà fessée ou fouettée de manière très violente. Oh oui je le sais ! Je n’ai jamais perçu
ces gestes comme violents, alors qu’ils le sont parfaitement dans leur image, car je n’ai ressenti à travers eux ni agressivité gratuite, ni colère. A mon sens, la violence dans ces gestes
avait pour objectif de prodiguer une douleur plus intense, produire des marques plus profondes dans ma chair : ceci je l’accepte ; non je l’invite.
La gifle est à mes yeux un acte violent, un acte impulsif, souvent totalement incontrôlé, provoqué généralement par une intense montée de colère. Je n’aime pas.
J’ai été giflée.
... Il est maintenant assis sur le bord du lit. Je suis à genoux, face à lui, les bras liés dans le dos. Ma poitrine est endolorie par quelques précédents sévices. Le
moindre effleurement de mes aréoles peut me faire toute frémir, vibrer, bouger.
Il plonge ses yeux azurs dans mon regard si noir et me demande de les fixer. Il promène ses doigts si fermes sur ma poitrine si tendre. Caresses, douceur. Pincements, douleur. Elle, à un moment si
intense, que je laisse échapper un gémissement et relâche ma tête vers l’arrière dans un élan de trop grande douleur. Alors, il dépose fermement une gifle sur ma joue gauche et m’invite tout aussi
fermement à fixer son regard, à ne pas cesser de me perdre dans l’océan de ses yeux.
C’est la première fois qu’il me gifle. Je ne m’y attendais pas. Je ne ressens aucune violence dans ce geste, ni vraiment d’humiliation, mais je me sens rabaissée, comme au niveau d’une gamine que
l’on vient de corriger, celui de la Petit Garce qu’il faut remettre en place. Je me sens « toute chose ».
Douleur encore, cri encore, mouvement irrésistible encore, et pour finir une gifle déposée de nouveau sur ma joue gauche. Combien y en a t’il eu ? Deux ? Trois ? Je ne me rappelle plus vraiment,
car en cet instant je suis déjà dans cet « ailleurs », celui que seuls les masochistes peuvent connaître, cet « ailleurs » qui fait que le temps et la mémoire s’égarent parfois ...
Aujourd’hui je veux plus que jamais croire au dicton :
« Qui aime bien, châtie bien. »
Je me demande si c’est par ces gifles que mon Cher Monsieur entreprend de s’occuper (dresser ?) la Petite Garce...
par Mademoiselle S.
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