Vendredi 28 novembre 2008
Toutes les bonnes choses de la vie ont une fin, y compris le silence.
Mon silence aura duré quelques mois.
Tout de même. Je lui ai dédié un texte, mais j’avoue que celui-ci était assez peu explicatif et plutôt mystérieux. Ce nouveau texte se veut un peu plus explicatif, en tout cas je l’espère. Je
souhaiterais également qu’il puisse être interprété comme une excuse, mais aussi un remerciement envers les lecteurs et lectrices qui m’ont aussi incitée à rompre ce silence en postant leurs
commentaires sur le texte précédent.
Je construis tous les jours ma vie de femme, et un peu plus tous les jours ma vie de Soumise. J’ai vocation à m’épanouir dans l’une comme dans l’autre, sinon à quoi bon ? Ces deux vies, qui à mon
sens se doivent d’être les plus parallèles possibles, ne manquent cependant pas d’influer, parfois même fortement, l’une sur l’autre. Vouloir qu’il en soit autrement, faire tout pour totalement
les dissocier relève de la parfaite utopie, j’en suis pour ma part intimement convaincue. Il y a eu une période où ma vie de femme a trop fortement empiété sur celle de Soumise. Il s’en est
donc suivi cette période de silence. Et comme je l’ai déjà écrit, vous savez que le silence est pour moi propice à la réflexion, parfois même un petit peu trop…
Mon Cher Monsieur et moi formons un couple. Cependant nous ne sommes pas ce que l’on appelle un couple conventionnel. Dire que ce couple n’a pas d’avenir relève aujourd’hui de la pure
spéculation, mais une chose est certaine, nous sommes un couple sans aucun projet commun d’avenir, excepté dans un seul et unique domaine : celui du BDSM et tout ce que ceci implique. J’ai
d’ailleurs cru comprendre que mon Cher Monsieur avait beaucoup de projets pour moi dans ce domaine, et je m’en réjouis. De plus, nous ne vivons pas cette relation en pointillés, c’est ce
qu’il souhaite, et c’est (donc) aussi, ce que je souhaite.
Mais dites moi alors, quel sens donner à cette relation ? Pourquoi la faire vivre ? Le BDSM, à lui seul, justifie t’il toute l’implication psychologique, que en tant que Soumise, je me dois de
lui consacrer ? Voila entre autre le genre de questions qui ont pu m’égarer ces derniers mois.
A peine un jour avant notre dernière rencontre mon très Cher Monsieur m’a adressé un message dont une longue et extrêmement touchante phrase se finissait ainsi en parlant de moi :
« … cette petite fille fragile qui a besoin pour exister d'être ma Soumise. »
J’ai trouvé cela très beau mais néanmoins un peu prétentieux de sa part. Depuis il y a eu notre dernière séance, celle d'hier. A peine mon Collier de Soumise passé, mon Cher Monsieur a relevé ma
jupe de ville, m’a faite coucher sur ses genoux pour me donner une sévère fessée en me faisant bien comprendre, et répéter, que c’était bien là la place d’une Soumise, d’une Soumise humble… Cette
séance m’aura apporté beaucoup, je ne manquerai pas d’en reparler, mais avant tout elle m’a apporté de l’humilité.
L’humilité dont je dois faire preuve à tout moment vis-à-vis de mon Cher Monsieur, pas seulement quand je m’agenouille, et j’avoue que ceci n’est pas simple pour moi car je me dois de
rester humble tout en restant moi-même, pétillante, avec cette lueur dans les yeux.
J’ai aussi appris à être bien plus humble vis-à-vis de cette relation BDSM dans sa globalité, puisque je réalise qu’elle est bien plus puissante et dangereuse que je ne l’avais imaginé, notamment
mais pas seulement, en terme de dépendance et de besoin.
Je me dois aussi d’être humble, car je me suis trompée… Mon Cher Monsieur n’a fait preuve d’aucune prétention, car, oh oui, je me rends compte à quel point aujourd’hui j’ai besoin d’être sa
Soumise pour me sentir pleinement exister...
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